La fin du monopole pour les Télécoms

Maroc: La concurrence s'annonce rude sur le segment des communications longue distance

Le secteur des télécoms vit des mutations profondes depuis des années. Avec l'acquisition par Vivendi Universal de la majorité du capital de l'opérateur historique marocain, le secteur s'apprête à une concurrence des plus rudes. Le lancement d'une deuxième ligne de téléphone fixe risque de priver Maroc Telecom d'un appui puissant et permettra de déclencher la bataille pourvu qu'elle soit bénéfique pour les utilisateurs des services téléphoniques.
Ainsi,la concurrence va essentiellement s'opérer dans le segment des communications longue distance. Les technologies utilisées dans les réseaux de téléphonie mobile rendent possible, la construction de réseaux concurrents sur un même territoire. Elle va s'exercer, en fait, moins sur le service de base, que sur des niches de marché ou sur les nouveaux services. La concurrence se portera aussi sur la réponse aux besoins spécifiques des entreprises. Ces services, dits à valeur ajoutée pour offrir des prestations plus sophistiquées: messagerie, transfert de données, etc. La compétence technique et la qualité du rapport au client deviennent alors les facteurs essentiels du succès, a rapporté la dernière livraison de la lettre mensuelle du Centre marocain de conjoncture.
La même source constate que s'il y a un temps de latence entre la libéralisation du marché des télécommunications et l'arrivée effective de la concurrence, cela correspond à la période durant laquelle les nouveaux opérateurs mettent en place leurs infrastructures, testent le marché, peaufinent leur stratégie. Autrement dit, 2005 etait la véritable année de la concurrence, en tout cas sur le téléphone fixe. Avec la libéralisation du marché, chacun est libre de tirer ses lignes jusqu'à l'utilisateur final. Mais, si le monopole disparaît en droit, il persiste dans les faits. Car l'installation de lignes chez tous les utilisateurs constitue un investissement colossal, une barrière à l'entrée presque insurmontable. Mais la concurrence contraindra l'opérateur historique à réduire toujours plus ses tarifs, notamment sur l'international et l'interurbain, qui constituaient jusque-là une source majeure de profits. L'ajustement à la hausse des tarifs d'abonnement résidentiels ne compensera pas cette perte.
Pour Maroc Telecom, il s'agit de s'adapter aux bouleversements technologiques et au nouveau modèle économique qu'ils entraînent, tout en faisant face au déferlement de la concurrence. C'est beaucoup pour une entreprise habituée à la stabilité du statut de monopole. L'enjeu, pour tous les opérateurs, sera de disposer au moindre coût des capacités de réseau les mieux adaptées aux besoins des utilisateurs, afin de pratiquer le forfait le plus bas. Mais aussi d'avoir une organisation commerciale et un marketing performants pour se différencier des offres concurrentes, alors que, en dépit de la diversité des technologies, les prestations offertes se ressemblent. L'opérateur historique dispose d'atouts significatifs. En premier lieu, un savoir-faire technologique appréciable. Par ailleurs, il est le seul opérateur universel au Maroc, à pouvoir offrir toute la palette des services de télécommunications sur l'ensemble du territoire à l'ensemble de la clientèle. Mais l'avantage des nouvelles firmes du secteur est d'investir directement dans les infrastructures les plus modernes, sans avoir à gérer les investissements passés, et de pouvoir externaliser leurs activités, de la maintenance du réseau à la gestion des abonnés.
Les perspectives de l'ancien monopole et sa capacité à affronter la concurrence sont finalement étroitement liées aux décisions de l'Autorité de régulation des télécommunications. Le dégroupage constitue la principale menace pour Maroc Telecom, surtout s'il se met en place rapidement et avec des tarifs qui favorisent les nouveaux entrants.
La concurrence va s'exercer, en fait, moins sur le service de base, que sur des niches de marché ou sur les nouveaux services. La concurrence va d'abord s'exercer au niveau des communications longue distance, afin de réduire le coût des communications interurbaines. Elle va se manifester, ensuite,sur certains services spécialisés et les communications internationales, au profit des entreprises. Avec le développement de la téléphonie mobile, elle est devenue tangible pour le grand public. Les technologies utilisées dans les réseaux de téléphonie mobile rendent en effet possible, au plan économique, la construction de réseaux concurrents les uns des autres sur un même territoire, dès lors que l'acheminement final des communications est assuré à travers les installations terrestres préexistantes. Mais la concurrence ne se limite pas à ce secteur.
S'il n'est pas envisageable de construire un réseau terrestre concurrent de Maroc Telecom, il est possible, en revanche, d'utiliser les capacités existantes sur les réseaux privés, d'ores et déjà installés par certaines grandes entreprises. La concurrence se portera aussi sur la réponse aux besoins spécifiques des entreprises. La compétence technique et la qualité du rapport au client deviennent alors les facteurs essentiels du succès. Maroc Telecom se retrouve, sur ces marchés, en concurrence avec les sociétés de services informatiques. Dans un tel contexte, la position compétitive de Maroc Telecom est plutôt bonne. Maroc Telecom apparaît, à l'heure actuelle, dans une position très forte, mais l'entreprise ne pourra faire face aux évolutions du marché qu'à condition de surmonter ses handicaps internes.

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